Les vertus méconnues des mousses dans nos forêts

Sandrine GAYET

Cet article fait partie du dossier: Les forêts départementales, des milieux remarquables préservés

Pièges à carbone, bio-indicateurs de la pollution, véritables atouts pour la biodiversité… les mousses sont indispensables et abritent des milliers d’êtres vivants. Les équipes départementales chargées de la préservation des Espaces Naturels Sensibles (ENS), dévoilent leurs secrets pour enrichir vos balades dans les belles forêts yvelinoises.

Affichette sur les pouvoirs insoupçonnés de la mousse des forêts. ENS-CD/78

Les mousses sont capables de se régénérer à l’infini en se développant sur de la pierre, du bois mort, des troncs d’arbre, de l’humus.

Un préjugé tombe et pas des moindres : en forêtla mousse n’indique pas du tout le Nord !

« On dit souvent que l’on peut repérer le Nord grâce aux mousses qui pousseraient de ce côté des arbres, en recherchant l’ombre. Cela est inexact car sous les feuillages des arbres forestiers, humides et ombragés, la mousse s’épanouit partout », expliquent les forestiers de la direction Environnement du Département.

 Des maillons de la biosphère, capteurs de pollution

Apparues il y a des centaines de millions d’années, les mousses sont capables, dans certains cas, de se régénérer à l’infini. Photo CD78

D’après les spécialistes en bryologie (étude des mousses), il existerait en France, 1 000 espèces différentes de mousses. Ces végétaux miniatures appartiennent à la grande famille des plantes bryophytes.

Les mousses sont reviviscentes

La reviviscence est une particularité de la mousse, ce qui en fait un végétal précieux à étudier en cette période de réchauffement climatique.

« Cela signifie qu’elles sont capables de survivre à de longues périodes de sécheresse, de se dessécher pour traverser cette période difficile, puis de ressusciter quand les conditions sont favorables, même plusieurs mois, voire années, après la dernière pluie », précise l’équipe départementale ENS. De même, les mousses créent des microclimats :

« Les éponges naturelles restituent peu à peu l’eau captée. Cela permet de maintenir une fraîcheur et une humidité indispensables pour la forêt ».

 Pièges à carbone

Très sensibles aux facteurs environnementaux, les mousses sont de formidables bio-indicateursGrâce aux mousses, on peut recueillir des informations sur la pollution d’un milieu forestier, sur la qualité de son air et de son eau. Les mousses absorbent la quasi-totalité des composants de l’air, permettant d’étudier les pollutions sur des temps longs et à de larges échelles.  Elles sont également d’excellents indicateurs de l’ancienneté et de la maturité des forêts. Autre atout non négligeable, elles sont, comme chaque organisme chlorophyllien, de véritables pièges à carbone !